Entre une gouttière en zinc et une gouttière en aluminium, deux critères décident presque toujours : le style de la toiture et la distance à la mer. Le prix et la pose viennent ensuite. Le zinc a pour lui sa longévité et son allure sur les toitures traditionnelles. L’aluminium se pose plus vite, se décline en couleurs et se déforme plus facilement au choc.
Les deux critères qui tranchent
Commencez par regarder la maison. Sur une toiture d’ardoise ou de zinc, dans une rue ancienne, le zinc se fond dans le décor. Sur un pavillon récent aux menuiseries colorées, l’aluminium laqué s’accorde mieux.
Regardez ensuite la carte. À quelques kilomètres du littoral, l’air salin change la donne, et les avis divergent selon le métal. Le détail se trouve plus bas, dans la partie sur la corrosion.
Le budget et le chantier font le reste. Un zinc se soude, un aluminium s’assemble. Ce n’est pas le même artisan ni la même facture.
Durée de vie : des chiffres qui divergent
Les durées annoncées varient beaucoup d’une page à l’autre. Elles dépendent de qui parle : un vendeur d’aluminium met en avant l’aluminium, un couvreur défend le zinc qu’il pose. Le tableau compare trois origines, sans les mélanger.
| Origine de l’information | Zinc | Aluminium |
|---|---|---|
| Fabricant de gouttières aluminium | 30 à 50 ans | 20 à 30 ans, parfois plus de 50 |
| Entreprise de couverture | 50 à 100 ans | 25 à 30 ans |
| Site spécialisé toiture | 50 à 80 ans | 30 à 50 ans |
| Enveloppe de l’ensemble | 30 à 100 ans | 20 à 50 ans |
Retenez l’ordre plus que les chiffres : tous les acteurs placent le zinc au moins au niveau de l’aluminium, et la plupart au-dessus. L’écart se creuse avec un entretien régulier et une pose soignée.

Pose et soudure : ce que change le métal
Le zinc se pose par emboîtement avec joint ou par soudure, et peut nécessiter un professionnel. La soudure exige un savoir-faire précis, ce qui pèse sur la main-d’œuvre. Pour réparer un tronçon, l’article sur la réparation d’une gouttière en zinc détaille mastic, soudure et remplacement.
L’aluminium se pose sans soudure complexe. Certains modèles sont profilés en continu sur place, ce qui supprime les raccords sur la longueur et limite les fuites. Il est léger, donc plus rapide à manipuler sur un échafaudage.
Dans les deux cas, les pièces de raccord comptent autant que le métal. Pour le zinc, la naissance de gouttière et son diamètre sont à vérifier avant l’achat.
Corrosion et bord de mer : des avis contradictoires
Le zinc se patine naturellement, et cette couche le protège. Certains couvreurs notent qu’il peut s’oxyder plus vite en bord de mer ou en milieu pollué, et un fabricant d’aluminium estime qu’il supporte mal l’air salin ou iodé.
Pour l’aluminium, les avis se partagent aussi : le même fabricant affirme qu’il résiste bien au sel, tandis qu’une entreprise de couverture le juge plus fragile près des côtes. Cette contradiction se règle par un échange avec le fabricant : demandez la garantie applicable en zone littorale avant de signer le devis.
Le choc est un point plus consensuel. L’aluminium se déforme plus facilement, ce qui peut entraîner des réparations plus fréquentes dans un passage exposé.
Aspect et style de la maison
Le zinc offre un gris mat, patiné par le temps. Il est difficile à peindre ou à colorer, et sa patine peut tacher certains supports. C’est le choix des maisons anciennes ou de caractère.
L’aluminium propose un large choix de coloris, laqué ou anodisé. Il peut être profilé sur place pour épouser la longueur exacte du toit. Les modèles à profil traditionnel, comme la gouttière nantaise, existent dans les deux matières.
Le zinc laminé a favorisé la diffusion des gouttières dans les villes françaises dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment lors des travaux haussmanniens.
Que coûte un mètre linéaire ?
Les prix publiés ne comptent pas toujours la même chose. Certains annoncent la fourniture seule, d’autres le mètre posé. Le tableau sépare les deux pour éviter les comparaisons faussées.
| Matériau | Fourniture, par mètre | Posé, par mètre |
|---|---|---|
| Zinc | 8 à 20 € | environ 30 à 60 € |
| Aluminium | 15 à 30 € | non communiqué |
| PVC, pour comparaison | 3 à 15 € | environ 8 à 20 € |
À la fourniture, zinc et aluminium sont donc proches. La différence se creuse à la pose, puisque le zinc se soude. Pour une option moins chère, voyez la gouttière PVC et ses limites au gel.
Dimension, pente et capacité : pareil pour les deux
Le métal ne change pas la méthode de dimensionnement. Les développés courants sont de 25, 33 et 40 cm, le développé étant la largeur de la bande avant façonnage. La capacité dépend de la pente, de la surface du toit et de la section, et le calcul suit le DTU 60.11.
La pente de la gouttière doit atteindre au moins 5 mm par mètre. Un tronçon long demande des joints de dilatation, pour les deux métaux. L’article sur le choix de la dimension d’une gouttière détaille la lecture des désignations.
Une gouttière se distingue d’un chéneau : elle repose sur des crochets, donc sur un appui discontinu, alors que le chéneau court sur un support continu. Si votre toit demande un chéneau, voyez plutôt le chéneau de toit.
Recyclage : un point commun, une nuance
Le zinc et l’aluminium se recyclent tous les deux. Selon un fabricant d’aluminium, la plupart des gouttières en aluminium sont produites à partir de métal recyclé. Il reconnaît aussi que l’extraction de la bauxite est polluante et gourmande en énergie.
La production de zinc consomme moins d’énergie, mais son extraction et son affinage emploient des produits chimiques. Ce critère ne départage donc pas clairement les deux métaux.
Entretien : une fois par an, deux fois pour les feuilles
Le zinc demande un nettoyage annuel et un contrôle des joints. L’aluminium se contente de peu : il ne rouille pas. Quel que soit le métal, un nettoyage deux fois par an est recommandé, surtout sous les arbres.
Les gouttières encombrées provoquent des infiltrations et, l’hiver, de la glace. Les conseils pratiques sont dans l’article sur le nettoyage des gouttières.
Choisir selon sa situation
| Votre situation | Choix indiqué | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Maison ancienne, toit d’ardoise ou de zinc | Zinc | Pose par un professionnel, soudures |
| Pavillon récent, couleurs d’ensemble | Aluminium | Chocs et déformation |
| Proche du littoral | À valider avec le fabricant | Garantie en zone littorale |
| Budget serré, abri ou extension | PVC à envisager | Dilatation, froid |
Quelle gouttière dure le plus longtemps, zinc ou aluminium ?
Le zinc, chez la plupart des professionnels : jusqu’à 80 ou 100 ans dans de bonnes conditions, contre 20 à 50 ans pour l’aluminium. L’écart dépend de la pose et de l’entretien.
L’aluminium est-il moins cher que le zinc ?
À la pose, oui : il se monte sans soudure complexe. À la fourniture, les fourchettes publiées se chevauchent.
Peut-on peindre une gouttière en zinc ?
C’est difficile, car le zinc est difficile à peindre ou à colorer. L’aluminium se laque ou s’anodise en usine.
Quel métal choisir près de la mer ?
Les professionnels se contredisent. Demandez au fabricant une garantie écrite pour la zone littorale avant de commander.
Combien de fois faut-il nettoyer ses gouttières ?
Deux fois par an est la fréquence recommandée, et le zinc demande en plus un contrôle annuel des joints.
Faut-il un professionnel pour poser du zinc ?
Souvent oui, car la soudure demande un savoir-faire. L’aluminium et le PVC se posent plus facilement.
Avant de signer un devis, demandez deux prix pour votre toiture : un en zinc posé et un en aluminium posé, avec la garantie écrite de chaque fabricant. Comparez-les à la durée de vie visée, puis décidez avec le métier qui posera.
Wikipédia, « Gouttière (architecture) » : définition, matériaux et histoire du zinc.


