Le PVC équipe une grande partie des maisons récentes, garages et extensions. Il est léger, ne rouille pas et se coupe à la scie à métaux. Mais il ne pardonne pas trois erreurs : un crochet de trop peu, un raccord collé là où il fallait un joint, et une descente sous-dimensionnée.
Demi-ronde, carrée, développé 25 ou 33 : lire la désignation
Deux profils dominent. La demi-ronde, la plus répandue, s’accroche sous l’égout du toit sur des crochets visibles. La carrée, ou moulurée, se visse sur la planche de rive : ligne plus nette, nettoyage moins facile.
Le chiffre qui suit le profil, 25 ou 33, reprend le « développé » hérité du zinc : la largeur de la bande avant façonnage, en centimètres. Plus il est grand, plus la gouttière avale d’eau. Le développé 25 couvre la plupart des pavillons ; le 33 se réserve aux grands pans et aux toitures où plusieurs versants se rejoignent.
Côté teinte, le gris clair historique reste le plus vendu, devant le blanc, le sable, le brun et l’anthracite. Une gouttière grise ou blanche chauffe moins au soleil qu’une anthracite, ce qui compte pour la dilatation.
PVC, zinc ou aluminium ?
| Critère | PVC | Zinc | Aluminium |
|---|---|---|---|
| Assemblage | Colle ou joints, sans outil spécial | Soudure à l’étain | Sur mesure en continu, ou raccords rivetés |
| Dilatation sur 10 m (écart de 60 °C) | Environ 42 mm | Environ 13 mm | Environ 14 mm |
| Durée de vie courante | 20 à 30 ans | 30 à 50 ans et plus | 30 à 50 ans |
| Point sensible | Froid et UV : devient cassant | Soudures, contact avec le cuivre | Chocs, rayures du laquage |
| Pose par un particulier | Oui | Rarement | Rarement en continu |
Le PVC coûte nettement moins cher que le zinc, mais vieillit plus vite : après une vingtaine d’étés, il se décolore et casse sous un coup d’échelle. Sur une maison en pierre ou en secteur protégé, le zinc reste souvent imposé par l’urbanisme.

Dimensionner la descente selon la surface du toit
La règle de dimensionnement la plus citée tient en une ligne : un centimètre carré de section de descente par mètre carré de toiture. Elle repose sur une pluie de référence de 3 litres par minute et par mètre carré, celle des règles de calcul des évacuations d’eaux pluviales.
Le piège : on compte la surface en projection horizontale, pas la surface de la pente. Un pan de 10 m de long et de 7 m de rampant, incliné à 45°, ne « pèse » qu’environ 50 m², et non 70.
| Surface en projection, par descente | Gouttière | Descente |
|---|---|---|
| Jusqu’à 50 m² | Demi-ronde 25 | Ø 80 mm (section 50 cm²) |
| De 50 à 78 m² | Demi-ronde 33 | Ø 100 mm (section 78 cm²) |
| Au-delà de 78 m² | Demi-ronde 33 | Deux descentes, ou naissance centrale |
Sur une longue façade, la naissance centrale règle deux problèmes : chaque demi-longueur n’a que la moitié de la pente à rattraper, et la dilatation se répartit de part et d’autre. Pour aller plus loin sur le choix des sections, nous avons détaillé les dimensions de gouttière selon la toiture, et les équivalences en zinc dans notre fiche sur la naissance DEV 25, Ø 80 ou Ø 100.
La dilatation, le vrai point faible du plastique
Le PVC s’allonge d’environ 0,07 mm par mètre et par degré. Sur une façade exposée au sud, la gouttière passe de -10 °C une nuit de janvier à plus de 50 °C en surface un après-midi de juillet. Soixante degrés d’écart.
| Longueur entre deux points fixes | PVC | Zinc | Aluminium |
|---|---|---|---|
| 4 m | 17 mm | 5 mm | 6 mm |
| 6 m | 25 mm | 8 mm | 9 mm |
| 8 m | 34 mm | 11 mm | 12 mm |
| 10 m | 42 mm | 13 mm | 14 mm |
| 12 m | 50 mm | 16 mm | 17 mm |
Cinq centimètres sur 12 mètres. Si rien ne l’absorbe, la gouttière se voile entre les crochets, pousse sur les fonds et finit par arracher un raccord collé. D’où deux règles : jamais de gouttière bloquée à ses deux extrémités, et une jonction de dilatation au-delà d’une dizaine de mètres d’un seul tenant.

Coller ou poser à joints ?
Les fabricants proposent deux systèmes, rarement compatibles entre eux.
- À coller : jonctions, angles et fonds s’assemblent à la colle PVC. Moins cher, mais chaque collage devient un point fixe, à compenser par des pièces de dilatation à joint.
- À joints : chaque raccord porte un joint souple qui laisse la gouttière coulisser, avec des repères indiquant jusqu’où l’enfoncer selon la température du jour.
Pour un particulier, le système à joints pardonne davantage. Dans les deux cas, ni collage ni pose sous 5 °C : la colle prend mal et le plastique froid se fend au perçage. Sur la descente, en revanche, on colle volontiers les emboîtures du coude et de la naissance, puisque le tube vertical se dilate sans contrainte.
Les étapes de la pose, du crochet au dauphin
- Tracer la pente au cordeau : 3 à 5 mm par mètre vers la naissance, soit 3 à 5 cm sur 10 m.
- Fixer le premier et le dernier crochet, tendre le cordeau, puis poser les intermédiaires tous les 50 cm au plus, et à une quinzaine de centimètres de chaque angle ou raccord.
- Placer la naissance, puis clipser la gouttière dans les crochets en commençant par elle.
- Ajouter jonctions, angles et fonds, en respectant les repères de dilatation.
- Monter la descente : coude sous la naissance, tube, un collier tous les 1,50 à 2 m, puis un dauphin ou un raccord vers le regard en pied de mur.
Le tube de descente se coupe d’équerre, s’ébavure et s’emboîte dans le sens de l’eau : l’élément du haut entre dans celui du bas, jamais l’inverse. Et le rejet final doit rester sur votre terrain : l’article 681 du Code civil interdit de faire verser les eaux de son toit sur le fonds voisin.
Pourquoi une gouttière PVC fuit-elle aux raccords ?
Quatre causes reviennent. Un joint sorti de sa gorge après un été chaud. Un collage fait par temps froid. Une contre-pente créée par un crochet qui a cédé sous la neige, phénomène que nous décrivons dans notre article sur le gel et les barrages de glace. Enfin, une naissance à demi bouchée par les feuilles.
Un joint se remplace, un collage raté se recoupe et se refait avec un manchon. Avant de réparer, un curage s’impose : notre guide pour nettoyer ses gouttières donne la fréquence selon les arbres autour. Les méthodes par matériau sont rassemblées dans la rubrique toiture et gouttières.
Quelle est la durée de vie d’une gouttière PVC ?
Comptez 20 à 30 ans en climat tempéré. Une gouttière exposée plein sud, de teinte foncée, ou soumise à des hivers rudes vieillit plus vite : le plastique se décolore puis devient cassant, en général aux crochets et aux angles.
Quel espacement entre les crochets d’une gouttière PVC ?
Cinquante centimètres au maximum, moins dans les régions enneigées. Ajoutez un crochet à une quinzaine de centimètres de part et d’autre de chaque angle, naissance ou jonction, là où le poids de l’eau se concentre.
Quelle pente donner à une gouttière PVC ?
De 3 à 5 mm par mètre vers la naissance. Moins, l’eau stagne et dépose des boues ; beaucoup plus, la gouttière descend trop bas sous l’égout et l’eau du toit passe derrière elle par forte pluie.
Peut-on raccorder du PVC à une descente en zinc ?
Oui, par une pièce d’adaptation munie d’un joint souple plutôt qu’un collage. Ø 80 et Ø 100 existent dans les deux matériaux, mais les tolérances diffèrent : mesurez avant d’acheter.
Peut-on peindre une gouttière PVC ?
Oui, après un dégraissage, un léger ponçage et une sous-couche adaptée aux plastiques. Évitez les teintes très foncées sur une façade ensoleillée : elles augmentent la température de surface et donc la dilatation.
Mesurez la surface de chaque pan en projection avant d’acheter quoi que ce soit, puis choisissez le développé et le diamètre de descente dans le tableau. Optez pour le système à joints si la gouttière dépasse 8 mètres d’un seul tenant. Et posez par temps doux, jamais un matin de gel.
Légifrance, Code civil, article 681 sur l’égout des toits, consulté le 27 septembre 2026.


