Une génoise, c’est la bande ondulée de tuiles superposées qu’on voit sous le bord du toit des maisons provençales et languedociennes. Elle n’est pas seulement décorative : elle ferme l’espace entre le mur et la première tuile, évite que l’eau ruisselle sur l’enduit et empêche oiseaux et guêpes de s’installer dans les combles.
Qu’est-ce qu’une génoise de toiture ?
La génoise est une corniche maçonnée. On empile des rangs de tuiles canal, chaque rang débordant un peu sur le précédent, et on les scelle au mortier sur le mur de façade. Le dernier rang porte la première ligne de tuiles de couverture. Le tout forme une sous-face courbe, qui remplace la planche de rive en bois ou le simple débord de chevrons.
Le nom rappelle Gênes, d’où la technique serait venue en Provence. Elle s’est installée là où l’on couvrait déjà en tuiles canal, sur des murs en pierre ou en brique, avec des toits à faible pente. Sur une maison récente, on la retrouve en imitation : éléments préfabriqués ou rangs simplement collés.

À quoi sert une génoise ?
Quatre fonctions se cumulent :
- elle éloigne l’eau du mur, puisque la goutte tombe en avant de l’enduit ;
- elle bouche le vide sous la tuile de rive, par où entrent nids et insectes ;
- elle laisse l’air circuler sous la couverture quand sa sous-face reste ajourée ;
- elle donne à la façade sa finition, ce qui pèse dans l’aspect d’ensemble et parfois dans les règles d’urbanisme locales.
Dans les régions exposées aux incendies de forêt, on ajoute un parefeuille : une grille ou un profilé qui bloque l’entrée des braises dans les ouvertures de la corniche. Le sujet se règle avec le couvreur, mais aussi avec la mairie, qui peut imposer certains matériaux.
Un, deux, trois rangs : quelle différence ?
Le nombre de rangs change la hauteur de la corniche et la quantité de maçonnerie. Plus la génoise est haute, plus elle est lourde et plus elle demande un mur solide pour la porter.
| Type | Rangs | Usage courant |
|---|---|---|
| Génoise simple | 1 ou 2 | Dépendances, petites maisons, rives étroites |
| Génoise à trois rangs | 3 | Maisons de village, bastides, mas |
| Génoise à quatre rangs | 4 | Grandes façades, bâtiments d’apparat |
| Génoise double avec chaînage | 2 séries | Murs de refend ou rives soumises au vent |
Le chaînage, une armature de béton ou d’acier posée dans la maçonnerie, évite que les rangs basculent sous le poids des tuiles de couverture. Il est courant sur les constructions neuves qui reprennent ce style.
Comment contrôler sa génoise depuis le sol
Un contrôle se fait aux jumelles, une fois par an, de préférence après l’hiver.
- Repérer les tuiles manquantes ou décalées dans les rangs.
- Chercher le mortier qui s’effrite : poudre claire sur l’enduit, joints creusés.
- Regarder les fissures qui suivent la ligne du rang du bas.
- Noter les nids, guêpiers ou plantes qui poussent dans la corniche.
- Vérifier les traces vertes sous la rive, signe qu’un point de chute d’eau se forme.
Jamais sans harnais ni échafaudage : la rive est le bord le plus glissant de la couverture. Un défaut repéré depuis le sol se confirme avec une nacelle ou l’échelle du couvreur.
Réparer une génoise abîmée
Une génoise se répare au mortier, avec le même type de liant que l’ancien. Sur une maçonnerie en chaux, un mortier de ciment pur crée des tensions et finit par décoller. Le couvreur remplace d’abord les tuiles cassées, puis refait les joints, puis rebouche les fissures.
Le remplacement d’un rang entier se justifie quand plusieurs tuiles sont descellées au même endroit. Il demande un échafaudage et une dépose partielle de la couverture au-dessus. Le même travail de rive est décrit pour une tuile cassée à remplacer, avec la différence que la génoise exige un geste de maçon en plus.
| Signe observé | Cause probable | Action |
|---|---|---|
| Poudre blanche au pied du mur | Mortier de scellement fatigué | Rejointoyer à la chaux |
| Tuile glissée vers l’avant | Descellement ou gel | Resceller, remplacer la tuile |
| Nid dans le vide | Ouverture non fermée | Poser un grillage ou un parefeuille |
| Trace verte sous la rive | Chute d’eau répétée | Contrôler gouttière et débord |
Gouttière et génoise : un mariage délicat
Historiquement, la génoise remplace la gouttière : l’eau tombe loin du mur. Mais beaucoup de propriétaires veulent aujourd’hui récupérer l’eau ou protéger une terrasse. Les crochets se fixent alors dans la charpente ou dans le mur, selon la hauteur de la corniche, et la gouttière descend en avant du rang. Une gouttière nantaise se loge dans la corniche, mais elle n’est pas compatible avec toutes les génoises.
Le chéneau de toit pose un autre problème : il demande une pente régulière et des trop-pleins, que l’épaisseur de la corniche rend plus difficiles à loger. Pour la finition du faîte opposé, voir le cache-moineau, qui joue le même rôle de fermeture que la génoise en bas de pente.
Que demander dans un devis de génoise ?
Un devis lisible détaille quatre lignes : échafaudage, dépose et repose des tuiles, mortier utilisé, grillage ou parefeuille. Si une seule ligne couvre tout le travail, demandez le métrage de corniche traité. Comparez des mètres linéaires, pas des totaux.
Pourquoi parle-t-on de génoise ?
Le nom évoque Gênes, en Italie, d’où cette technique de corniche serait venue vers la Provence. Elle s’est surtout développée là où l’on couvrait en tuiles canal.
Une génoise est-elle obligatoire ?
Non. C’est un choix de style et de tradition. Certains plans locaux d’urbanisme la demandent en secteur protégé ou l’encouragent sur les constructions neuves.
Combien de rangs faut-il prévoir ?
Un à deux rangs pour une dépendance, trois pour une maison de village, quatre pour une grande façade. Le mur doit pouvoir porter la charge.
Peut-on poser une gouttière sur une génoise ?
Oui, avec des crochets fixés dans la charpente ou dans le mur. Il faut éviter de percer les tuiles et d’empêcher la ventilation de la sous-face.
Comment empêcher les guêpes de s’installer ?
En fermant les vides avec un grillage fin ou un parefeuille. Un nid existant se fait traiter par un professionnel avant de fermer.
Prenez vos jumelles ce week-end, parcourez les quatre façades et notez ce que vous voyez. Photographiez chaque défaut avec un repère de position. C’est le dossier qu’un couvreur lira en cinq minutes avant de chiffrer.
Ministère de la Culture, Inventaire général du patrimoine culturel, thésaurus de l’architecture : entrée « génoise » et vocabulaire des corniches de tuiles, consulté le 5 octobre 2026.


