Vocabulaire toiture : les mots du faîtage à la gouttière

Vocabulaire toiture : les mots du faîtage à la gouttière

L’essentiel

Un toit se décrit avec une quarantaine de mots, rangés en cinq familles : les parties visibles (faîtage, égout, rive, noue), les bois de charpente, les couches sous la couverture, les pièces d’étanchéité et les gouttières. Retenez aussi que la pente se donne en pourcentage chez le couvreur et en degrés ailleurs : 100 % font 45°, 30 % font 16,7°. Ce glossaire les classe par zone du toit, avec les cotes utiles.

Le vocabulaire de la toiture paraît touffu parce qu’il décrit trois choses à la fois : une forme, une structure et une suite de couches. Pris par zone, il devient lisible. L’égout est en bas, le faîtage en haut, la noue au creux de deux versants, et chaque mot a une pièce précise derrière lui. Voici les termes que l’on rencontre dans un devis, un diagnostic ou une notice, avec ce qu’ils désignent.

Nommer les parties visibles du toit

Avant les matériaux, il faut savoir nommer les lignes et les surfaces d’un toit. Ce sont elles que le couvreur cite pour localiser une fuite.

Terme Où le trouve-t-on ? À quoi il sert
Versant (ou pan) Chaque surface plane inclinée Reçoit la pluie et la dirige vers le bas
Faîtage Ligne haute, où deux versants se rejoignent Ferme le toit en son point le plus haut
Égout Bas du versant, au-dessus du mur Point de chute de l’eau, porte la gouttière
Rive Bord latéral du versant, côté pignon Protège la jonction entre toit et mur
Pignon Mur triangulaire sous la rive Ferme la maison dans sa largeur
Noue Angle rentrant entre deux versants Rassemble l’eau de deux pans
Arêtier Angle saillant entre deux versants Coiffe l’arête d’un toit à croupes
Croupe Versant qui remplace le pignon Ferme l’extrémité du toit en pente
Débord Partie du toit qui dépasse du mur Éloigne l’eau de la façade
Les neuf termes de position d’un toit à pans. Un toit à deux pans simple n’utilise que le versant, le faîtage, l’égout, la rive et le pignon.

La noue concentre l’eau de deux versants et c’est la zone qui fuit en premier. Le rôle de la génoise relève du même registre, car elle habille l’égout dans le Sud et fait office de débord maçonné.

Cinq familles de vocabulaire de toiture : parties visibles, charpente, sous-couverture, étanchéité, gouttières
Cinq familles de mots pour décrire un toit, de la ligne de faîtage à la descente d’eau.

Comprendre la charpente, pièce par pièce

La charpente est l’ossature de bois ou de métal qui porte la couverture. Ses pièces portent des noms qui se répètent d’un devis à l’autre. Le choix ferme ou fermette est détaillé dans l’article sur le type de charpente.

  • Chevron : pièce inclinée qui suit la pente du versant et reçoit les liteaux. L’entraxe courant est d’environ 50 cm.
  • Panne : pièce horizontale posée dans le sens de la longueur du toit, sur laquelle reposent les chevrons. On distingue la panne sablière en bas, la panne faîtière en haut et les pannes intermédiaires.
  • Sablière : pièce horizontale posée sur le haut des murs, qui répartit les charges.
  • Ferme : assemblage triangulé composé de deux arbalétriers, d’un entrait et souvent d’un poinçon. La fermette est sa version industrielle, plus légère, posée tous les 60 cm environ.
  • Arbalétrier : pièce inclinée d’une ferme, qui monte du pied du mur jusqu’au faîtage.
  • Entrait : pièce horizontale qui relie les pieds des arbalétriers et empêche leur écartement. Un entrait retroussé est relevé pour libérer le volume des combles.
  • Poinçon : pièce verticale au sommet de la ferme, de l’entrait au faîtage.
  • Jambe de force et contrefiche : pièces obliques qui contreventent la ferme.

Que trouve-t-on sous les tuiles ?

Entre le chevron et la tuile se superposent plusieurs couches que l’on ne voit jamais une fois le toit fini, et qui conditionnent sa tenue dans le temps.

  1. L’écran de sous-toiture est un film souple posé sur les chevrons. Il arrête l’eau qui passerait sous les tuiles, par vent ou neige poudreuse, tout en laissant sortir la vapeur d’eau de la maison.
  2. La contre-latte est une pièce de bois posée dans le sens de la pente, sur l’écran. Elle crée une lame d’air ventilée sous la couverture.
  3. Le liteau est une latte horizontale clouée sur les contre-lattes. Son entraxe est calé sur le pureau, la partie visible de la tuile. Une tuile mécanique se pose sur des liteaux espacés de 30 à 35 cm environ selon le modèle.
  4. La volige remplace souvent les liteaux sous l’ardoise et le zinc. C’est un plancher de planches fines et jointives. Notre fiche sur la volige de toiture précise l’épaisseur et la pose.
  5. Le closoir ferme l’espace entre la tuile faîtière et la dernière rangée de tuiles. Il empêche les oiseaux et les insectes d’entrer tout en laissant l’air circuler.
Pureau, recouvrement, pas : trois mots à ne pas confondre

Le pureau est la partie de la tuile qu’on voit. Le recouvrement est la partie cachée sous la rangée du dessus. Le pas désigne la distance entre deux liteaux. Plus la pente est faible, plus le recouvrement doit être grand.

Reconnaître les matériaux de couverture

La couverture est la couche extérieure, celle qui protège réellement de la pluie. Les familles courantes se reconnaissent à la forme et à la région.

  • Tuile canal : tuile courbe en terre cuite posée en rangs alternés, courante dans le Sud. On l’appelle aussi tuile ronde.
  • Tuile plate : petit format en terre cuite posé à recouvrement, fréquent dans le Nord et en Bourgogne.
  • Tuile mécanique : tuile à emboîtement, de grand format, qui couvre une surface plus vaste par pièce. La fixation des tuiles dépend de la pente et de la zone de vent.
  • Tuile à douille : tuile percée d’un manchon pour sortir une ventilation ou un conduit. Voir la fiche sur la tuile à douille.
  • Ardoise : plaque de schiste fendue en feuillets minces, voir le détail du toit en ardoise.
  • Zinc à joint debout : feuilles de zinc assemblées par des plis verticaux, utilisées pour les toits à faible pente ou les formes courbes.
  • Bac acier : tôle nervurée en acier laqué, de pose rapide, fréquente sur les bâtiments agricoles.

Les pièces d’étanchéité aux points singuliers

C’est là que naissent la plupart des fuites : partout où le toit rencontre un obstacle, il faut une pièce qui raccorde sans laisser passer l’eau.

  • Solin : bande d’étanchéité scellée dans le mur et collée ou posée sur la couverture. Sa fonction et ses matériaux sont décrits dans l’article sur le solin de toiture.
  • Abergement : ensemble des pièces métalliques qui entourent une cheminée ou une sortie de toit, voir le solin de cheminée.
  • Noquet : pièce de zinc ou de plomb qui raccorde la couverture à un ouvrage vertical.
  • Bavette : pièce de zinc ou de plomb qui déborde sur les tuiles, en bas d’un ouvrage comme un conduit.
  • Couvertine : chapeau qui coiffe un muret ou un acrotère, détaillé dans la fiche sur la couvertine de toiture.
  • Faîtière : tuile en demi-cylindre qui recouvre la ligne du faîtage. Son jumeau en rive s’appelle tuile de rive.

Comment gouttières et descentes évacuent l’eau

L’eau récoltée à l’égout suit un parcours qui a ses propres mots, de la gouttière à la descente.

  • Gouttière pendante : demi-ronde posée sur des crochets fixés sous la rive d’égout. Les montages en PVC sont expliqués dans l’article sur la gouttière PVC.
  • Chéneau : canal de collecte large, intégré à la corniche ou posé entre deux versants. Voir le chéneau de toit.
  • Naissance : raccord entre le fond de la gouttière et la descente, qui détermine le diamètre du tuyau. La naissance en zinc existe en Ø 80 ou Ø 100.
  • Descente : tuyau vertical qui conduit l’eau jusqu’au sol. Sa partie basse, souvent en fonte, s’appelle le dauphin.
  • Trop-plein : ouverture qui évacue le surplus lorsque la gouttière déborde.
  • Crapaudine : petite grille qui bloque les feuilles à l’entrée de la descente.

Une gouttière se pose avec une pente de 3 à 5 mm par mètre vers la descente. Sans elle, l’eau stagne.

Pourcentage ou degrés : lire une pente

Un couvreur annonce « 35 % » là où une notice de fabricant écrit « 19° ». Les deux disent la même chose. Le pourcentage rapporte la hauteur gagnée à la distance parcourue à l’horizontale : 30 % signifie 30 cm de hauteur pour 1 m de recul. Les degrés mesurent l’angle avec l’horizontale.

Pente en % Angle en degrés Hauteur pour 5 m de recul
5 % 2,9° 0,25 m
10 % 5,7° 0,50 m
30 % 16,7° 1,50 m
50 % 26,6° 2,50 m
70 % 35,0° 3,50 m
100 % 45,0° 5,00 m
Conversion pourcentage-degrés par calcul de tangente. Une toiture-terrasse reste sous 5 %, un comble aménageable atteint souvent 45°.

Le mot « rampant » désigne justement le versant vu de l’intérieur du comble ; sa définition et son isolation sont traitées dans l’article sur le rampant de toiture. La hauteur du sommet se calcule d’ailleurs à partir de la pente, ce que détaille la page sur la hauteur de faîtage.

Correspondance entre pente en pourcentage et angle en degrés : 10 % font 5,7°, 30 % font 16,7°, 100 % font 45°
Cinq pentes courantes converties en degrés.

Identifier ouvertures et accessoires

  • Lucarne : ouverture verticale surmontée de son propre petit toit. Le chien-assis est une lucarne dont le toit penche dans le même sens que le versant principal.
  • Châssis de toit : fenêtre posée dans la pente. Les fuites qui l’affectent sont expliquées dans l’article sur la fuite de Velux.
  • Chatière : petite pièce de ventilation insérée dans la couverture, qui laisse passer l’air et pas la pluie.
  • Ligne de vie : câble ou rail d’ancrage qui sécurise les interventions. Voir la ligne de vie en toiture.
  • Échelle de toit : échelle à crochets de faîtage qui s’appuie sur les tuiles, voir l’échelle de toit.

Les mots d’un devis de couvreur

Un devis mélange noms de pièces et unités. Connaître l’unité de chaque ligne permet de comparer deux propositions sans se tromper.

Ligne du devis Unité courante Ce qu’on vérifie
Couverture (tuiles, ardoises) m² de versant Surface réelle inclinée, pas la surface au sol
Faîtage, rives, arêtiers mètre linéaire Longueur de chaque ligne
Noues et solins mètre linéaire Matériau (zinc, plomb) et largeur
Gouttières et descentes mètre linéaire Développé et diamètre
Chatières, sorties de toit unité Nombre et diamètre
Écran de sous-toiture m² Classe de perméabilité à la vapeur
Unités courantes des lignes d’un devis de toiture. La surface de versant dépasse toujours la surface au sol.

Cette dernière précision évite un piège classique. Un versant à 100 % de pente est 1,41 fois plus long que sa projection au sol, et à 30 % il l’est 1,04 fois. Deux devis calculés l’un sur le sol, l’autre sur le versant, ne se comparent pas.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un chevron et une panne ?

Le chevron suit la pente du toit et porte les liteaux. La panne est horizontale et porte les chevrons. Les deux se croisent à angle droit, et la panne reporte la charge sur les murs de refend ou les pignons.

Que veut dire faîtage, égout et rive ?

Le faîtage est la ligne haute du toit. L’égout est son bord bas, d’où l’eau tombe vers la gouttière. La rive est le bord latéral, à l’aplomb du pignon. Ces trois lignes délimitent un versant.

Qu’appelle-t-on la noue d’un toit ?

C’est l’angle rentrant formé par deux versants qui se rejoignent. Elle reçoit l’eau des deux pans, ce qui en fait un point sensible. On la garnit d’une pièce de zinc ou de plomb.

Comment convertir une pente en pourcentage en degrés ?

On divise le pourcentage par 100, puis on calcule l’arc tangente du résultat. Pour 30 %, la tangente 0,30 donne 16,7°. Une calculatrice ou le tableau ci-dessus suffit.

La prochaine fois qu’un devis arrive, surlignez chaque terme du glossaire qu’il contient et vérifiez son unité. Une ligne dont vous ne comprenez pas le nom mérite une question avant la signature.

Référence consultée le 10 octobre 2026 : Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), documents techniques unifiés de couverture. Information générale indépendante ; le DTU et la notice du fabricant font foi pour un chantier.

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